Mongol

Le grand conquérant mongol Gengis Khan méritait bien son épopée cinématographique, et sous l’influence conjointe de films tels le Alexandre d’Oliver Stone ou Le Seigneur des anneaux, le réalisateur russe Sergei Bodrov se lance dans l’aventure de la fresque biographique épique.

Une intrigue linéaire est donc développée, lentement, dans les magnifiques steppes de Mongolie. L’évasion est au rendez-vous grâce à une réalisation posée qui balaye les paysages et les visages avec la même sérénité, mais l’ennui pointe parfois devant une histoire qui peine à décoller. Car malheureusement le récit a le souffle court, handicapé par de trop grossières ellipses. Les situations parfois répétitives étonnent (notamment sur la captivité récurrente du futur Gengis) alors qu’on pourrait attendre une narration dense, riche en péripéties.

 

C’est là qu’on comprend que ce Mongol n’est qu’une grande introduction à l’histoire du conquérant mythique, aspect pas du tout traité ici, puisque l’histoire s’arrête au moment où il a unifié les peuples de son pays. Même si les intrigues tournent trop longtemps autour des chevaux et des femmes, et si les us et coutumes sont abusivement exposés, Bodrov mène tout de même bien son film grâce au charisme naturel de Tadanobu Asano, et à un sens du cadre indéniable, doublé d’une modestie appréciable dans les quelques batailles, efficaces et ne prétendant jamais concurrencer vainement les productions américaines. Pas mal de sang sous la forme de savoureux drippings – un peu trop souvent au premier plan pour faire joli, mais d’un numérique pour une fois pas trop visible - ce qui n’empêche pas un portrait quand même assez doux du Khan de tous les mongols. On imagine que la réputation sanguinaire et impitoyable est au programme de la suite, vu la fin très frustrante qui énonce sur 3 lignes de texte la partie la plus intéressante de l’histoire.

Même si Mongol n’est pas sans défaut c’est au moins un sujet qui aura eu le traitement ambitieux qu’il mérite sans tomber dans l’escarcelle hollywoodienne. On peut donc se réjouir que même si coproduction il y a (entre Russie, Allemagne, Kazakhstan et Mongolie) elle reste à l’Est, et donne au film malgré ses grands airs de superproduction à vocation internationale un parfum d’authenticité. On jettera avec plaisir un oeil sur la suite si celle-ci voit le jour, en espérant un peu plus de dynamisme et d’incarnation.

6,5/10

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