Catacombs

Les catacombes de Paris. Pour quiconque a visité le court circuit touristique et l’impressionnant ossuaire, et s’est par la suite documenté sur l’histoire de ces 300 kilomètres de galeries du sous-sol de la capitale, en faire le décor d’un film d’horreur semble l’évidence même. Mais ce n’est pas nous, pauvres frenchies complexés du film de genre, qui allons exploiter notre patrimoine à bon escient… C’est bien sûr une production américaine qui s’empare du sujet, en plein « renouveau » (surtout commercial) du film d’horreur, allant tourner cette virée horrifique… en Roumanie.
Autant couper court à tout suspense inutile, on a ici affaire à une grosse bouse opportuniste, utilisant un sujet attractif pour nous servir un spectacle bâclé et rapidement emballé à moindre coût dans les pays de l’est. Rien que la description de la France fait sourire, ou bondir pour les mauvaises raisons, dès les premières séquences dignes des stock-shots qu’on trouve dans les Emmanuelle, ces promenades sans fin pour meubler exotique, sauf qu’à la place des actrices dénudées, on a des effets de carnaval (visions, masques, gros-bruitage-qui-fait-peur-mais-en-fait-c’était-la-sister). Les acteurs roumains ne font pas illusion un instant avec leur accent, bref, c’est un tel niveau de n’importe quoi qu’on est forcément intrigué par ce que nous réserve la partie horreur.

L’héroïne est une greluche effrayée par le premier chien qui passe, et donc aussi par cette vieille Europe dégueu bourrée de gens louches (pauvre Shannyn Sossamon, déjà qu’on lui gerbait dessus dans Les Lois de l’attraction). Aucune direction artistique digne de ce nom, les réalisateurs (et oui il fallait bien être deux pour faire aussi nul) se contentent de balancer des accélérés comme dans Saw, de parler de rave party, de cuites (à l’absinthe, of course), enfin de séduire bassement l’ado de base, sans se soucier une seule seconde du potentiel de leur sujet passé les 3 lignes explicatives prégénérique. Les courses poursuites avec le boogeyman à tête de bouc (!) sont interminables et sans idées, ou alors tellement déjà vues qu’elles en deviennent horripilantes (chauve-souris ? stroboscope ? noir total à la Blair Witch ? musique tonitruante ? etc… vous serez servis). On prend aussi une bonne louche chez The Descent, faut pas se gêner.
Cerise sur le gâteau : un twist « on s’est bien foutu de ta gueule spectateur » bien gratiné. Comme le dit si bien un des french personnages « Olala ! Olala ! C’est pas possible ! ». Ben si mon bon monsieur d’l'Est qu’est-ce qu’y zont pas fait de not’ patrimoine français… A en réveiller les morts ? Malheureusement non.
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c’est pas le film mais autant en profiter pour montrer les vraies catacombes
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