Mushishi

 

Mushishi est à l’origine un manga (toujours en cours d’édition), décliné en une série animée de 26 épisodes d’une qualité remarquable. Yuki Urushibara y conte l’histoire d’un mushishi, Ginko, qui parcourt nonchalamment la campagne japonaise. Un mushishi est à la fois enquêteur et docteur, soignant la population de l’action des mushis, formes de vie primitives, parasites minuscules voire invisibles, prolongement, matérialisation imaginaire, de croyances animistes très présentes dans l’archipel. Chaque espèce possède des caractéristiques bien précises concernant leur survie. Leur manifestation offre toute l’originalité de l’œuvre, puisque ces mushis peuvent aussi bien se nourrir de sons, du sommeil ou encore des rêves, et entraîner des handicaps chez leurs hôtes humains.

Au grand étonnement des amateurs de l’auteur d’Akira, c’est Katsuhiro Otomo qui s’attaque à l’adaptation en prise de vues réelles. La description d’un Japon rural et traditionnel et l’atmosphère calme et poétique de Mushishi ne prédisposaient pas à ce qu’il se retrouve aux commandes de ce projet. On aurait logiquement pensé à son collègue écolo Miyazaki mais c’est pourtant lui qui acquit les droits pour le mener à bien.

Le film Mushishi se révèle un peu moins poétique et majestueux que la série animée. Néanmoins acteurs et costumes sont crédibles, on est au final loin du rendu ados cosplayers façon Shinobi que laissaient craindre les photos promos. L’adaptation est incontestablement réussie, grâce au grand soin esthétique apporté aux décors, à la photographie très granuleuse ainsi qu’au son. Eléments primordiaux pour l’ambiance de l’œuvre, nature et mushis sont bien représentés (les effets spéciaux concernant ces derniers sont sobres et efficaces). Ils rappellent la forêt de Mononoke Hime, influence semble-t-il parfaitement assumée dès les premiers plans d’ensemble d’une montagne brumeuse aussi inquiétante que fascinante.

On ne discerne pas beaucoup Otomo dans ce film, ou du moins la valeur ajoutée du maître est extrêmement difficile à discerner. Tout au plus peut-on citer les mutations générées par les mushis comme thématique d’auteur. On sent que le réalisateur a plutôt voulu faire œuvre d’artisan respectueux du manga plutôt que de le transformer en y apportant une interprétation personnelle.

Comme il était à craindre vu la structure morcelée du matériau original (un enchaînement de petites histoires correspondant chacune à un mushi différent), Otomo a un peu de mal à remplir ces deux heures avec une histoire complète. Il mêle alors par l’insertion de flashbacks l’origine du personnage principal, Ginko, avec ses pérégrinations dans la campagne japonaise. Cela commence très bien mais finit malheureusement par s’empêtrer dans de sacrées longueurs qui diluent l’intensité émotionnelle. Mushishi reste un bon film malgré tout, qui par sa sérénité change des adaptations récentes de mangas, énervées, artificielles et cheap. Mais on ne saurait trop conseiller de se jeter avant tout sur le manga et la magnifique série animée.

7,5/10

2501

           

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J’avais commencé l’anime. Mais bon il faut avoir beaucoup de temps devant soit, comme d’ habitude avec ce genre de série. Est ce que le film, étant un résumé finalement de la série, pourrait me donner envie de m’y coller ?

Commentaire by feilong74 on 29 mars 2008 13:23


Non puisque c’est pas un résumé (impossible) de la série.

La série se regarde très bien, de temps en temps, comme ça, quand on a besoin de calme et de sérénité (c’est sûr qu’être parisien est un plus).

Commentaire by 2501 on 29 mars 2008 16:36


ca reprend bien les mêmes thèmes, même ambiance, même approche, même univers….. sans pour autant parler de scénario…

Commentaire by feilong74 on 29 mars 2008 23:25


Ben comme j’ai beaucoup moins aimé le film que l’anime (une des séries que j’ai le plus apprécié ces dernières années), je sais pas quoi te dire…
En plus la série est bien plus fidèle au manga.

Commentaire by 2501 on 29 mars 2008 23:36


Cet animé, est un véritable poème, malheureusement un peu déçu pas le film ; enfin en tout qu’à pas autant que « death note »le film :sick:

Commentaire by echolalie on 20 mai 2008 15:44


Bien d’accord avec toi, Death Note le film (en tous cas le premier, pas vu l’autre) est une pauvre illustration téléfilmesque du manga. Une bonne grosse bouse pour faire du fric, ça existe aussi au Japon.
La série animée par contre est très réussie, au moins dans sa première partie, tendue et prenante.

Sinon pour Mushishi on attend toujours la sortie de l’anime en z2…:getlost:

Commentaire by 2501 on 20 mai 2008 18:04


m’en parle pas!! sinon, un autre animé, pas dans le même style (quoique en cherchant un peu dans les légendes asiatiques…!), mais qui vaut le coup d’oeil, « la fille des enfers », un peu déçu par « des dessins repris » un épisode sur l’autre, mais ça reste une bonne série. Par contre pas mis le nez dans le manga (peur d’être déçu!).

Commentaire by echolalie on 21 mai 2008 15:43

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