Black Sheep

La Nouvelle Zélande, du gore… Cela semble immédiatement très familier à n’importe quel amateur de bon film saignant. La relève de l’ex-gros barbu geek kiwi ex-bricoleur de comédies qui tâchent serait-elle assurée avec ce Black Sheep ?
Rien qu’à l’annonce du concept on aimerait le croire. Des moutons tueurs, voilà le genre de nouveauté qui allècherait n’importe quel spectateur en recherche de film barge. Jonathan King essaie de se démarquer de son brillant prédécesseur (quand même un maître du genre) par un cinémascope majestueusement photographié magnifiant les paysages incroyables de son île. Un croisement entre Le Seigneur des anneaux et Bad Taste ?

Même pas 10 minutes de passées et le premier spécimen ressemble à s’y méprendre au singe rat de Braindead. Au moins c’est sûr l’héritage est clairement assumé. La folie et la crétinerie du sujet un peu moins. Passées les transformations en espèce de « mouton garou », et malgré des effets visuels impeccables assurés par la désormais célèbre équipe de Weta, les attaques s’avèrent peu variées et surtout trop souvent coupées par des ellipses frustrantes (30 jours de nuit en abusait déjà pas mal). Un comble pour ce genre de film où le spectacle se situe avant tout dans l’exécution et la variété du massacre. Si les moutons ont indéniablement l’effet comique escompté, l’inventivité niveau situations gores n’est pas au rendez-vous. On se fout royalement des personnages et de l’intrigue cousus de fil blanc (ohohoh) et le final en lieu et place d’un crescendo essentiel dans tout film gore se révèle bien sheep, pardon, cheap.
Black Sheep reste un honnête divertissement qui est malheureusement loin d’exploiter tout son potentiel. Les délires de Peter Jackson ont encore de longues années devant eux en tant que références ultimes du genre bête et sanglant.
6/10
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