Telepolis

 

Drôle d’expérience que la vision de ce Telepolis, film argentin qui en 2008 prend le pari de retrouver l’esprit du cinéma muet.

Car en dehors d’un format cinémascope et de cartons savamment inclus à l’image, il serait difficile de dater ce film singulier, mettant en abyme son sujet en proposant une histoire sur le silence, à travers un monde régit par la télévision. Pas de lourd message didactique ici, une fois le décor planté, c’est l’atmosphère mélancolique et la poésie qui prennent le pas sur toute réflexion sur l’abrutissement des médias, thématique qui demeure à l’état de contexte.

 

De la photographie très étudiée aux cadres à l’ancienne, la forme impressionne, très influencée par Fritz Lang, ce que le titre français ne manque pas de rappeler par une « traduction » pratique (l’original étant
La Antena).

La femme robot est ici la femme voix. Et le « héros », sans doute doute trop peu charismatique, un réparateur de télévision, va se lancer presque malgré lui dans une lutte contre le pouvoir totalitaire en place.

 

Paradoxalement, le film est parfois trop signifiant, accumulant les informations dans l’image alors qu’une seule suffirait amplement. Telepolis peut sembler prisonnier de sa virtuosité visuelle, et ainsi ressembler à un exercice de style plus ou moins vain selon le degré de tolérance du spectateur par rapport à des oeuvres hors normes si travaillées esthétiquement.

Heureusement le projet ne vire jamais vers l’expérimental incompréhensible. Néanmoins, l’histoire est un peu trop légère, donnant au film un caractère charmant mais pas inoubliable.

7/10

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