Les poupées russes

Cédric Klapisch est un réalisateur aimé de beaucoup de monde. Et à la vue de ce film, on peut légitimement se demander si il n’est pas aimé par trop de personnes.
Ces poupées russes sont la suite du mythique L’Auberge espagnol, film déjà tout pourri, archi- rabattu, bourré de clichés, mais qui pourtant se place comme un grand film générationnel…..enfin, pour ceux qui ne connaissaient pas la co-location alors que cela existe depuis des millénaires et pour ceux qui ne savaient pas que Barcelone, c’est trop cool comme ville, mon pote !
Nous retrouvons donc Romain Duris, Xavier dans le film, qui a 30 ans et qui galère dans sa vie. Et quelle galère ! Il est seul, plaqué par sa Martine, mais se chope plein de minettes, il est beau gosse, il a un appartement à Paris, il a du travail, il a de l’argent. Et ce mec arrive à se plaindre ? Avec la représentation de cette situation certes difficile pour le personnage principal, parce que nous avons des difficultés que par rapport avec la vie que nous menons, le réalisateur crache littéralement à la gueule du pauvre spectateur galérien et qui essaie de s’en sortir. Xavier donne plutôt l’impression de vouloir recevoir une bonne claque dans sa gueule !

Mais Cédric Klapisch serait-il vicieux ? Xavier, finalement, ne serait-il pas une espèce de trentenaire somme, une figure totale de « l’adulescent » ? Cédric Klapisch veut donc clairement reprendre la veine générationnelle de son Auberge et montrer les difficultés de tout un chacun via cette allégorie. Et c’est à ce niveau que le bât blesse.
Le gouffre apparent de sa situation est retranscrit ici par un vide filmique qui pourrait s’inscire dans une logique de corrélation entre le fond et la forme. Le problème, c’est que le réalisateur n’arrive pas à nous passionner, n’arrive pas à transcender ces conditions, n’arrive pas à élever son propos. Son allégorie tombe à l’eau.
L’ennui guette à chaque plan qui se traine en longueur et qui n’est jamais une leçon de cadrage. Cédric Klapisch filme comme on se mouche. On avise de la situation, on balance la sauce et on passe à autre chose. Le film est, de plus, et en total paradoxe avec la construction des plans, saturé d’effets formels, qui peuvent se prendre comme une compensation de son absence d’idées visuelles. Le réalisateur inscrit, dès-lors, son film dans une modernité clippesque qui se voudrait originale mais qui s’alourdit d’une dimension « migrainesque » incontestable. A force de montrer ce qu’il sait faire avec des logiciels de montage et d’effets numériques et non avec une caméra, Cédric Klapisch passe pour un prétentieux qui veut s’amuser avec quelque de trop gros pour lui. La construction du film, qui fait sans cesse des allers-retours entre passé, présent et futur, perd le spectateur dans un montage hasardeux parce que tout se situe au même niveau. Rien n’est fait au niveau de la dimension plastique pour nous éclairer quant aux évolutions des personnages. Les acteurs, quant à eux, cabotinent à la fois sur des situations grotesques, aussi légères qu’un MacDo à huit heures du matin (les scènes du pipeau, la poursuite de la jolie fille dans la rue aux dimensions parfaites de Saint Pétersbourg) et sur des dialogues qui se veulent autant des questionnements émotionnels surfaits que des leçons de morale prenant le spectateur pour un incapable de régler sa vie comme il l’entend. Les musiques, à base de trip hop, sont utilisées n’importe comment. Pourquoi utiliser la même musique dans deux situations complétement différentes ?
Les Poupées russes passent alors clairement pour un objet condescendant et Cédric Kaplisch pour un réalisateur incompétent, aux limites tant visuelles que narratives. Et il faut espérer qu’il ne va pas nous refaire le coup pour la crise de la cinquantaine, la ménopause, l’incapacité de bander, j’en passe et des meilleurs……
Teub
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