Death Sentence

Au commencement était Death Wish (Un justicier dans la ville) de Michael Winner avec feu Charles Bronson, véritable monument de cinéma réactionnaire et apologie de l’autodéfense bien bourrine. Clairement, le film était insupportable au niveau idéologique mais voir un Charles Bronson monolithique parcourir les rues de New York en dézinguant le moindre junky devenait presque un plaisir coupable. James Wan, jeune metteur en scène du maintenant ultra célèbre Saw décide de s’inspirer du roman original et de le placer dans le contexte actuel. Résultat : c’est encore pire…

Avec ce Death Sentence c’est le grand retour du pire des années 80 en 2008. Ca commence par un bon quart d’heure de liesse dans une famille unie autour d’un patriarche PDG costard-cravatte déjà dégoulinant de conservatisme (la violence c’est mal, tout comme les boissons gazeuses trop sucrées et la nourriture trop grasse…l’engagement politique donc…). Seulement voilà, un gang (enfin une bande de 6 jeunes qui s’ennuie plutôt…) d’hispano-tektoniko-afro-nazi décide de braquer la seule station service sans vidéo surveillance et au passage flinguer le fiston. Bien entendu, sans vidéo surveillance, la justice est impuissante ( ?), or le sang a coulé et le sang appelle la vengeance…Youpi !

D’un manque de personnalité flagrant, la mise en scène ne décolle jamais, se fend de plans iconiques plus risibles qu’autre chose, renvoie souvent aux pires soap des années 80/90 (aidé en cela par une musique navrante de guimauverie) et atteint son paroxysme lorsque James Wan filme comme une pub pour les produits laitiers un Kevin Bacon se transformant en « bête sauvage » mâtiné de fan de tektonik (c’est pourtant faisable de se raser le crâne sans laisser des touffes de cheveux n’importe comment…).
Si Saw était respectable sur bien des points et apportait un côté craspec très intéressant, Wan est ici complètement bridé par une interdiction aux moins de 12 ans imposant tout un tas de coupes honteuses et beaucoup trop voyantes avant un final soudain un peu plus brutal (Winch’ oblige !), encore faut-il ne pas être dérangé par le sang numérique mal réalisé. Si l’on ajoute à tout ça des dialogues ridicules joués par des bad guys qui le sont tout autant (« vous n’êtes qu’une bande d’enculés qui passez votre temps à boire et vous défoncer….désolé je me suis emporté, buvons un coup ! »), on peut heureusement en rire.

Alors certes la scène du parking est plutôt bien fichue et on a encore un John Goodman qui tire son épingle du jeu (en cabotinant mais qu’importe !), mais franchement ce film fait plutôt figure de machine à voyager dans un (mauvais) passé qu’autre chose. Mais peut-être que ce mauvais passé devient le présent, on a sans doute alors les films que l’on mérite…A bon entendeur…
Derf
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