The Proposition

The Proposition est une oeuvre étrange et originale mais cela ne justifie en aucun cas qu’il soit ignoré des distributeurs depuis 2004. Un sort qui aurait pu arriver au Jesse James d’Andrew Dominik s’il n’avait eu Brad Pitt en tête d’affiche. Les deux ont d’ailleurs en commun Nick Cave, ici à la fois scénariste et compositeur, et le traitement d’un même genre, le western, de manière contemplative, triste et désabusée.

 

Ce « post-western » situé en Australie avec les Aborigènes en Indiens locaux, un racisme affirmé et enraciné, est une réflexion sur la justice en ces temps troublés où la violence règle les situations plus efficacement et rapidement que toute autre alternative. Le capitaine Stanley, ayant capturé 2 frères du gang Burns, propose à l’un d’entre eux d’aller tuer le frère restant, hors-la-loi paraît-il sanguinaire retranché dans les profondeurs de l’arrière-pays australien. On pense au départ se diriger vers un récit à
la Apocalypse Now, le dilemme de Charlie Burns (le trop rare Guy Pearce) comme coeur du drame. Pourtant l’histoire se concentre davantage sur les états d’âme du capitaine Stanley, cherchant à faire justice à sa manière, n’ayant pas tiré les bons numéros dans la bande de truands qu’il traque, incompris par sa femme et ses collègues.

Récit en parallèle donc, face à face entre l’imposant Ray Winstone et la fragile Emily Watson d’une part, et la quête imposée d’un homme déchiré par une décision impossible de l’autre. Photographie aride et musique lancinante et poétique servent au mieux la deuxième partie. Le réalisateur John Hillcoat fait preuve d’une maîtrise formelle impressionnante, même si l’abus de couchers de soleil insiste un peu lourdement sur la « crépuscularité » du film (encore plus nombreux que dans Wolf Creek, une habitude australienne apparemment).

 

On découvre vite le frère tant redouté, mais Charlie restera longtemps dans un mutisme compréhensible mais néanmoins frustrant, d’autant que l’on passe plus de temps sur « l’autre histoire ». Comme si le film se trompait de personnage principal, ce que vient confirmer une fin dépendant beaucoup de ce Charlie Burns trop délaissé. Une conclusion qui sonne comme l’inéluctable extinction de ces modes de vie, en mettant en évidence une sauvagerie meurtrière chez l’homme soi-disant civilisé et civilisateur, qui se surprend pourtant à observer et fusionner avec la nature grandiose comme les habitants originels qu’ils traitent comme des bêtes. The Proposition peint le tragique tableau d’une société se construisant par la violence sur de fausses valeurs, et d’individus en prenant conscience trop tard pour en réchapper.

8/10

2501

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1 Commentaire

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Ca sort aujourd’hui 16 décembre. Une séance de rattrapage vu la sortie récente de La Route par la même réalisateur.
Celui-ci est beaucoup mieux, il fait partie de cette poignée de westerns modernes vraiments réussis. Si vous avez l’occasion…

Commentaire by 2501 on 16 décembre 2009 19:33

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