Seraphim Falls
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Dans la série « les films qui ne sortent pas dans nos salles sont quand même diablement plus intrigants que la soupe qu’on nous sert à longueur d’année » voici un autre western après The Proposition de John Hillcoat.
Les choses sont claires d’entrée Seraphim Falls est un survival pur et dur. Un « Liam Neeson versus Pierce Brosnan » comme semble le scander l’affiche. On rentre immédiatement dans le vif du sujet, sans présentation aucune, comme si le film avait inversé les bobines. Plutôt âpre et rude, il est excellemment servi par la prestation d’un étonnant Brosnan hirsute et barbu. On souffre avec lui dès les premières minutes. Quelques idées sont assez réjouissantes, comme la manière radicale de se réchauffer avec le « frais » cadavre d’un de ses traqueurs.

Ce genre de récit à rebours est plutôt risqué, d’une part car les informations arrivent au compte-goutte et peuvent s’avérer lourdement explicatives, d’une autre pour accrocher le spectateur à une intrigue somme toute assez mince. David Von Ancken, pour son premier film, s’acquitte parfaitement de ce double défi grâce à une bonne utilisation des somptueux décors, un casting de gueules convaincant et un rythme ponctué de péripéties régulières. Dans la deuxième moitié du film, il étire tant sa narration jusqu’à l’abstraction que la révélation du lien des deux personnages, plutôt faible, ne gâchera pas une dernière partie virant vers l’allégorie, avec ses rencontres surréalistes au cœur d’un désert cathartique.
La chasse à l’homme prend alors une nouvelle dimension, et l’on ne peut que regretter que cet affrontement magnifié par les paysages et le cinémascope comme dans tout bon western ne puisse pas être apprécié sur grand écran.
7,5/10
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