Once

Boy meets girl. With music. Mais comme rien n’est si simple, chacun doit gérer une ancienne histoire d’amour mal cicatrisée. Le schéma classique de la comédie romantique est doublé dans Once d’une forme musicale folk-pop fort réussie. Le film s’est taillé une bonne réputation avant de sortir en France. Au point d’avoir une accroche de Spielberg himself sur l’affiche. C’est un peu lourd à porter pour un si petit film qui est loin d’être sans défaut…
Le couple qui nous intéresse est avant tout musicien puisque les interprètes sont des acteurs non professionnels qui ont eux-mêmes écrit et joué tous les morceaux du film. Faire passer l’histoire d’amour à travers les passages musicaux est une belle idée, pas nouvelle certes mais renforcée par l’alchimie évidente entre Glen Hansard et Marketa Irglova. Leurs origines différentes amènent un background familial pour épaissir un peu les personnages, et un charme dans les accents non négligeable.
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John Carney prend malheureusement le parti de tout sacrifier à la musique et au naturalisme. La réalisation se borne à la captation, pas toujours adroite, des morceaux et des émotions, le montage se fait majoritairement sur un mode « chanson – montée en puissance – on fait déborder sur la séquence suivante ». Et surtout, jouant exagérément la formule fauchée (caméra portée, pas d’éclairage, pas de rails de travelling) et le réalisme brut, le résultat est d’une laideur assez incroyable.
De nuit ou en intérieur, dans les plans larges, ça fourmille plus, ça grouille, au point qu’on ne distingue plus les expressions des comédiens, ou alors l’image nous distrait tellement elle est dégueulasse. Le dogme danois à côté passe pour du cinéma maniéré. Et comme Carney n’a pas non plus beaucoup d’idées de mise en scène pour rattraper tout ça, il se repose quasi-exclusivement sur son couple et ses chansons.
Il est vraiment dommage de sacrifier à ce point un film qui avait tant d’atouts de son côté. Le dyptique romantique Before Sunrise/Before Sunset de Richard Linklater est basé sur une mise en scène sommaire mais au service de l’histoire, claire, aérée, lumineuse. Once fait vraiment l’impression d’un film brouillon, à la forme bâclée. La démarche esthétique naturaliste se retourne contre lui. Ecrin bien ingrat pour des auteurs interprètes au charme incontestable.
6,5/10
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