La Boite Noire

Richard Berry qui mange un yaourt passe encore, Richard Berry qui fait l’acteur ça peut donner des trucs plutôt classe, Richard Berry qui réalise des films c’est pas terrible terrible, Richard Berry qui essaie de faire un film de genre : Houla la comme dirait Ludwig Von 88 !

José Garcia se réveille d’un coma profond causé par un accident de voiture. Son infirmière lui révèle alors que son inconscient a parlé pendant son sommeil et qu’elle a consigné le contenu de sa « boite noire » dans un carnet…

Le problème de La Boite Noire c’est que le roman éponyme de Tonino Benacquista est peut-être très bon, le garçon étant quand même responsable des scripts de De battre mon cœur s’est arrêté ou Sur mes lèvres mais voila le mangeur de produits laitiers n’est pas Jacques Audiard, entre autres. On se retrouve donc avec un héros torturé incarné plutôt correctement par José Garcia, même si la subtilité avec laquelle il choisit ses rôles pour faire oublier son passé de comique énerve un peu.

Le problème de cette boite noire vient indéniablement de sa forme. C’est simple, Berry se prend tantôt pour Hitchcock (un peu), tantôt pour Fincher (beaucoup, vraiment beaucoup trop…) mais n’a absolument rien à dire. Alors il nous sort son merveilleux (et obligatoire dans un thriller aujourd’hui ?) étalonnage numérique bleu et réalise le tout en naviguant entre Seven et Fight Club…En oubliant d’avoir un propos. Les thrillers américains mentionnés pouvaient être qualifiés de bien des choses (pessimistes, nihilistes etc.), La Boite Noire n’est rien d’autre qu’une histoire pas très surprenante enrobée d’un beau ruban. Et à condition que l’énervement dû à la copie de Fight Club (qui va quand aussi parfois jusqu’à la copie de l’ambiance musicale…) se calme on pourra à peu près suivre cette histoire …et se rendre à l’évidence : le pseudo twist final ne fonctionne pas du tout puisque tout est clair une demi heure avant la fin. Alors on écoute Marion Cotillard qui croit autant en ce qu’elle dit qu’un Bernard Tapie au tribunal, on attend un propos, une opinion, quelque chose à dire…mais non, Berry se contente de filmer « à la manière de » une histoire pas très passionnante, fait semblant de disserter sur la culpabilité et envoie son générique de fin. Point.

La Boite Noire est encore un caprice d’acteur voulant à tout pris passer à la mise en scène pour faire un film juste inutile…Fatiguant quand une quinzaine de films débarque chaque mercredi.

Derf

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