Evil Aliens

Evil Aliens a tout du plaisir coupable délibérément mal torché mais qui assume idées déconnantes et budget limité. Le genre de petit film bien fun qui surprend par sa volonté totalement décomplexée de donner à voir du spectacle vulgaire, évidemment sans profondeur, crade et déviant. Et quand c’est fait avec inventivité par une bande d’anglais allumés totalement fans du genre auquel ils s’adonnent, faut pas se priver.
Comme son titre l’indique le film prend pour thème aliens, ovnis et autres geeks à travers l’histoire d’une bande de bras cassés partis sur une île tourner une émission télé de seconde zone sur le sujet. Dès le prologue on assiste à une scène d’une subtilité toute sodomite qui annonce le goût des festivités : mauvais. Et presque comme aux premières heures néo-zélandaises de l’ex gros barbu, ça ne va pas lésiner sur le gore et les idées tordues, qu’on imagine amoureusement bricolées entre potes. Potes à la tête desquels figure le réalisateur Jake West, tout fier d’apposer son nom au titre de ce chef-d’œuvre intemporel. La photo en DV est affreuse, les costumes semblent sortir de la dernière fête d’Halloween, les SFX sont à peine plus crédibles que les reconstitutions de l’émission, tout est volontairement cheap et grossier pour notre plus grand plaisir.
On a droit à un peu d’installation de personnages basique, chacun répondant plus ou moins bien à un gros stéréotype de ce genre de film (le geek ok, l’homo, pas indispensable), mais quand ils se retrouvent face à de réels extraterrestres (et pas des gentils, oui vous aviez compris), Evil Aliens enchaîne les scènes de grand n’importe quoi grand guignolesque avec bonheur : des geysers de sang aspergent très régulièrement nos héros, les accouchements du troisième type sont plutôt violents, des bouseux au patois sous-titré se la jouent multi duels à la Leone avec les ET, les vaches regrettent l’abattoir, la badass sexy bitch joue du shotgun et on y croise même un corbeau qui a vu Seven. Entre autres joyeusetés. Certes la finition laisse à désirer et quelques blagues tombent à plat, mais on oublie vite ces quelques scories dans l’euphorie de la série Z dégénérée. Alors certes c’est du cinéma très ciblé « film de nerds pour les nerds », mais si vous vous sentez concernés, n’hésitez pas !
Pas convaincus ? Y’a une scène hommage à Brain Dead avec une moissonneuse-batteuse. Enjoy.
7,5/10
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