Severance

Après Creep, petit film assez bien ficelé et cherchant avant tout la terreur avec sa créature arpentant le métro londonien cradingue à la poursuite de Franka Potente, Christopher Smith persiste dans le genre horrifique, avec une approche néanmoins différente.
Avec son titre qui fait instantanément penser à Deliverance (sémantiquement ça n’a rien à voir mais que voulez-vous…), le film de Christopher Smith peut être lié à ce dernier par une certaine approche mais le parti pris est ici d’exploser toute situation dramatique afin d’en rire et force est de constater que ça fonctionne plutôt bien.

Severance marche avant tout sur le contraste, le choix du basculement d’une atmosphère à une autre au moment où l’on s’y attend le moins. Si Smith entame une séquence anxiogène, alors il va la dynamiter avec un gimmick, une vanne, un gag visuel inattendu. Si au contraire l’ambiance est au délire, il va basculer en une seconde vers une ambiance glauque et plutôt dérangeante…avant de tout exploser encore une fois, aidé il faut bien le dire par des personnages assez…atypiques ! Atypiques et bien souvent assez crétins (ou normaux, au choix, en comparaison des personnages souvent croisés dans les autres films du genre), et plongés dans des situations complètement farfelues, comme en témoigne le postulat de départ (personne ne se pose de questions sur une telle équipe de crétins envoyée par la défense américaine pour travailler sur des mines « spéciales » ??? ), qui suffit à expliquer le ton général du film : on donne un point de vue sérieux (les anciens combattants, l’anti-militarisme, la gestion d’une situation qui nous dépasse etc.) mais, on le fait passer de manière ultra légère, à coup de dédramatisation outrancière, il faut voir cette séquence d’amputation pour s’en convaincre !

Si on peut rapprocher le film de Smith d’un certain Cabin Fever dans l’effet procuré au spectateur, Severance s’en détache néanmoins par une mise en scène beaucoup moins marquée par le syndrome de « l’hommage ponctuel ». Et si certains verront ici, comme chez Eli Roth, une espèce de racisme sous-jacent dans le traitement des pays de l’Est, il faut surtout y voir un jeu autour des clichés complètement intégré à l’esprit du film.

Avec Cabin Fever, Destination Finale et j’en passe, il y a donc bien des manières de s’amuser avec le genre horrifique, et pas forcément en riant du genre mais en riant avec le genre. Un bon petit film !
Derf
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