Shoot’em up

Shoot’em up voudrait jouer sur tous les tableaux du film fun : action non stop, référencé HK et jeux vidéos. Mais en ratissant trop large il finit par offrir un spectacle certes déchaîné mais fatiguant et sans saveur.
Le nonchalant Clive Owen est bien le seul à sortir presque miraculeusement intact de ce film concept qui rappelle l’autrement plus efficace, divertissant et énervé Hypertension (Crank). Ici le mot d’ordre est « cool ». Mes références sont cooool, mon bad guy est cool, les nichons de la pute sont coool, mon héros est ultra cooool, nous hurle le réalisateur à chaque seconde de chaque scène. Alors oui, ça pose, ça flingue à tout va, les idées sont bien là et bien exposées à chaque nouveau gunfight, ingénieuses (rarement), navrantes ou franchement pas renversantes.

Bellucci arrive à s’enfoncer davantage dans la médiocrité, c’est un exploit et une calamité (si le film avait été bon, elle l’aurait ruiné à elle toute seule) et Paul Giamatti cabotine en enchaînant punchlines sur punchlines, plus épuisant qu’amusant. Le reste n’est que pantins désarticulés sous les balles de notre héros-Bugs Bunny amateur de carottes.
En tant que cartoon live, le film ne tient pas la route non plus, paradoxalement trop sage, et empêtré dans un scénario prétexte mais chiant qui plombe la deuxième partie.
Mais le problème principal vient du réalisateur, simple faiseur de produit pour ados qui empile avec fierté mais sans l’inventivité revendiquée (ou du moins qui tourne vite à vide passée la première séquence pompée sur Time and Tide) séquence d’action sur séquence d’action, avec toujours la désagréable sensation d’un travail bâclé (scène trop courte, SFX foireux, idée mal exploitée, etc…).

Shoot’em up manque clairement de style. La mise en scène purement fonctionnelle n’apporte jamais rien au délire ambiant, elle est neutre, ne fait qu’enregistrer des idées de scénaristes (ils ont dû bien s’amuser au jeu du brainstorming des situations les plus farfelues), qui ont bien sûr oublié de torcher une vraie histoire.
Plus vaste blague que le film culte qu’il voudrait tant être, jamais ennuyeux ni jubilatoire, mais juste totalement vain et vite oublié. A part peut-être pour un spectateur de 15 ans qui ne serait pas encore passé par John Woo.
5/10
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