Posté le 29 septembre 2007 par
feilong74

L’Echine du diable se déroule pendant la guerre civile Espagnol, dans l’orphelinat de Santa Lucia qui accueille les enfants des militants anti-franquistes. Le jeune Carlos est l’un d’eux, il ne tardera pas à découvrir que l’endroit est hanté par le fantôme d’un enfant disparu de façon mystérieuse.
Dans l’animation japonaise on appellerait cela un « shōnen » : le héros est un jeune garçon orphelin, foncièrement honnête et innocent, en compagnie d’amis rencontrés durant sa quête, il se bat pour terrasser le mal, ses premiers adversaires deviennent généralement ses plus fidèles compagnons, honnêteté (justice), esprit de groupe (amitié) et dévouement à l’intérêt général (volonté de vaincre) sont les valeurs forte propre à la société japonaise véhiculé par ce genre. A se demander si Del Toro ne serait pas fan d’animation japonaise…

Ici on pourrait le comparer à un film d’horreur poétique, fantastique, politique et social. Ce curieux mélange est maîtriser de main de maître pas Guillermo Del Toro, de retour d’une expérience américaine frustrante, il revient ici dans son pays d’origine, qu’il filme avec une photographie sublime. Il a déjà une manière si particulière d’aborder le fantastique, qu’il confirmera plus tard avec le Labyrinthe de Pan. Mais il ne faut pas s’y tromper, L’Echine du diable a un sens bien plus profond, abordant bien plus de thématique que ne le laisserait supposer ce spectre. Ici on est « figé dans le temps », comme cette bombe tomber du ciel au milieu de l’orphelinat, prête à exploser. Chaque personnage adulte renvoi une image forte de la situation politique et social pendant la guerre civil espagnole, les écrivains, les philosophes, les poètes, les franquistes, les anti-franquistes, les veuves, les cul de jattes, les orphelins, les pilleurs, les spectres. Dans ce huit clos, chaque plan est une leçon de vie. Une petite merveille.
Feilong
8/10

Cinéma Critiques
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