Friday Night Lights [série TV]
Prolongement du long-métrage homonyme, Friday Night Lights est un petit miracle, dépassant largement son modèle dans tous les secteurs de jeu.
Il était évident que cette histoire de championnat scolaire de football américain était taillée pour une série plutôt que pour un film de deux heures. Une aventure de longue haleine, sportive mais humaine avant tout, si bien qu’on peut clairement affirmer que même les allergiques à ce sport typiquement yankee peuvent s’y jeter sans hésiter.

Les a priori sont légions sur un tel projet. Les intrigues sportives ont rarement fait les grandes heures du cinéma et encore moins de la télévision, d’autant que le sport en question ne passionne pas les foules en dehors du territoire américain. Le côté redneck bourrin était redouté, autant que le teen show dont les héros seraient quaterbacks stupides et pom-pom girls potiches. Bref, peu d’atouts à faire valoir, au contraire…
Mais on est aussi loin de tout cela que de l’uppercut décérébré d’Oliver Stone. Peter Berg approfondit l’angle naturaliste, mélancolique du film. Le portrait du Texas est peu flatteur. Le bled où se situe l’action est un trou paumé qui ne vit que pour le football, une religion qui permet à nos rednecks de survivre. Amateurs de foot ou non, tous ces jeunes ne rêvent que d’une chose : fuir.
Le championnat est assez vite relégué au second plan car Peter Berg a cette fois-ci le temps de développer ses nombreux personnages. Le casting est une des grosses réussites du show, du coach (impeccable Kyle Chandler) au moindre joueur. Les stéréotypes sont là, du beau gosse au frimeur, en passant par le pseudo-loser à l’énorme potentiel. Mais ils sont transcendés par une caractérisation approfondie, une interprétation sans failles, des dialogues et des intrigues denses et crédibles.
L’ambiance presque dépressive introduite dès le très beau générique prend à contre-courant ce que l’on pense être l’esprit américain, sûr de lui, conquérant, mais ras de bitume et superficiel. Ici le doute est roi, et derrière les grands airs se joue un drame à échelle humaine.
Joliment filmé à l’épaule sans donner dans le cliché post-The Shield et sans oublier de composer de jolis plans, avec une dominante « lumière rasante » magnifique, Friday Nights Lights passe de l’intime au chaos des terrains avec aisance et brio. Les plans « travellings en voiture » sont la signature de la série : ces coins paumés où on ne fait que passer… Chaque épisode n’est pas systématiquement conclu par un match comme un leitmotiv, et ce ne sont pas forcément ces derniers qui forment les plus beaux climax. Peter Berg se permet même à travers une intrigue parallèle de brillamment traiter du sujet du handicap.
Loin des délires terroristes post-11 septembre ou des histoires de super-héros, on se surprend à être pris aux trippes par ces simples enjeux existentiels.
Le suspense sportif est mené avec une redoutable efficacité. Et depuis les coulisses, nous assistons à la radiographie grise et mélancolique d’une petite ville du Texas.
Friday Night Lights c’est intimiste, c’est réaliste, c’est humain, c’est intense, c’est émouvant. L’anti Any Given Sunday en somme.
De toute façon le dimanche c’est pourri, c’est connu, tout le monde préfère le vendredi.
« Clear eyes. Full hearts. Can’t lose ! »
Rating: 








2501
Pas de Grace Park mais du beau monde tout de même :


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