Die Hard 4 : Retour En Enfer

Les aventures de John MacLane au pays du terrorisme…Encore. Si l’on pouvait légitimement avoir peur de l’annonce d’un Len Wiseman aux commandes (le responsable d’Underworld et Underworld 2 quand même…) force est de constater que le film arrive à surprendre agréablement, même s’il ne fait pas toujours évoluer le cahier des charges « Die Hard » de la bonne manière.
John Maclane est donc toujours flic à New York, un flic en fin de carrière dont la réputation au sein de son service n’est plus à faire et qui récupère de fait toutes les missions pour « les gens chevronnés ». Sa vie de famille n’est plus qu’un souvenir et ses relations avec sa fille sont catastrophiques. En ce sens le John Maclane version 2007 rappelle de plus en plus le Joe Hallenbeck du Dernier Samaritain, noirceur, cynisme ultra poussé et vannes dévastatrices en moins, vêtements chics en plus (qui a dit un fut’ à 600 $ ?). Die Hard 4 n’a définitivement pas été écrit par Shane Black ! En fait c’est tout le film qui parait aseptisé au regard de ses aînés, ce retour vers l’enfer manque cruellement de barbarie, l’animalité du Maclane ancienne génération n’est plus. Celui qui poussait des grognements primaires, explosait des genoux dans des gerbes de sang indiffusables en prime time (et pourtant diffusées meme encore aujourd’hui, il y a des fois où on ne comprend pas trop…) et broyait violemment des os s’en est allé. Les terroristes autrefois charismatiques, inquiétants et souvent aussi « die hard » que le héros sont ici insignifiants, avec un chef plus proche de Ken (le mari de Barbie, pas le personnage de Street Fighter je précise…) que d’Alan Rickman ou Jeremy Irons et un frenchy très fort en cascade mais complètement sous-exploité et dont le sort sera réglé en 10 secondes. La photo dans des teints excessivement bleu renforce encore un peu plus ce sentiment d’aseptisation : les rouges sont tout simplement inexistants ! Quant au calque sur la série « 24″ il est parfois insupportable, lorsque l’on sait que Jack Bauer doit définitivement beaucoup à John Maclane, le sentiment de tourner en rond énerve un tantinet…

Si l’on veut trouver son compte avec ce Die Hard il faudra aller chercher du côté des choses annoncées comme horripilantes. Contrairement aux craintes de tout le monde, le personnage incarné par Justin Long se révèle un excellent side-kick, aux dialogues souvent plus drôles que les vannes forcées de l’inspecteur de New York. Côté spectacle (oui c’est quand même aussi pour ça qu’on vient), on en a pour notre argent. C’est simple, Len Wiseman remplit à merveille son contrat avec deux séquences particulièrement impressionnantes mettant en scène des véhicules (mais malheureusement pas toujours sans CGI, il faut s’y faire). Il faut voir notre Maclane aux prises avec un avion de chasse pour le croire, c’est complètement surréaliste mais totalement jouissif !

S’il n’est pas aussi transgressif que ses ancêtres, ce Die Hard passe à côté du navet qu’il aurait pu être et reste un divertissement correct.
Derf
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