Final Cut

Petit film anglais indépendant sorti en 1998, Final Cut, s’il n’est pas révolutionnaire, aborde avec un cynisme et une malheureuse clairvoyance la bassesse de l’âme humaine.
A la mort d’un des leurs (Jude Law), un groupe d’amis se retrouve pour la veillée funèbre qui se transformera en séance de visionnage du film réalisé par le défunt à l’aide de caméras dissimulées dans tout son appartement. Si le film remplit complètement son cahier des charges parfois trop présent de « film anglais » (ça se pochtronne à la bière comme d’habitude, ça sniffe des rails comme d’habitude etc. etc.), la manière de faire et ce côté reportage ou film familial serviront sans aucun doute un propos parfois dur à entendre mais tellement vrai. Il est clair que toute vérité n’est pas bonne à dire et les protagonistes du film l’apprendront à leurs dépends.

Tourné comme un film de vacances mais monté comme un thriller, voila ce qui fait du film de Dominic Anciano et Ray Burdis une œuvre agréable et à la fois éprouvante à regarder. Parce que si tous les protagonistes se verront dévoiler leur côté sombre (et parfois très sombre et de plus tellement insoupçonnable…) le tout pourra avoir des airs de comédie. Jusqu’au moment où pour le spectateur, le regard introspectif imposé par une fin assez violente fera définitivement oublier le côté comique du film. Si à la vision d’un film de ce genre, l’introspection ne vous gagne pas, c’est juste que vous êtes dans une sacrée ignorance.

Certes l’Homme est mauvais et cela ne date pas d’hier. Mais ce qui frappe à la vision de Final Cut presque 10 ans après sa sortie, c’est sa parenté à l’époque inexistante avec une certaine télé réalité. Si à l’époque filmer les gens afin de les mettre face à leurs pires névroses pouvait entraîner un funeste destin, force est de constater qu’aujourd’hui, cela rend incroyablement riche (n’est-ce pas John Demol ?) et le constat n’en devient alors que plus amer.
Un bon petit film anglais qui sort du lot de toute cette production anglo-fashion-mainstream-post Danny Boyle des années 90.
Derf
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