Point Limite Zero (Vanishing Point)

Ce qui est vraiment intéressant avec Quentin Tarantino, c’est que si ses films sont déjà de qualité remarquable, leur transtextualité (j’avais envie de le placer celui-là…) permet la découverte de petits bijoux du cinéma souvent méconnus (du moins en France), comme si c’était un devoir de découvrir le matériel originel cité. Comme avec Foxy Brown ou Lady SnowBlood en leur temps, la vision de Point Limite Zero (Vanishing Point) s’imposait, tant sa place dans Death Proof est importante.
Dire que le scénario tient sur un ticket de métro relève de l’euphémisme : un homme, Kowalski, fait le pari de relier le Colorado à la Californie en 2 jours à bord de sa Dodge Challenger Modèle 70 (blanche c’est important…) afin de rembourser une dette. Pratiquement dénué de dialogues, Point Limite Zero est un véritable film d’ambiance, sorte de mélange improbable entre Easy Rider, Duel et le jeu vidéo Chase HQ ( !). Le pari du bonhomme se transforme vite en voyage rétrospectif sur sa vie, suite d’événements plutôt négatifs qui feront de ce voyage, à l’instar du film de Dennis Hopper, une recherche radicale d’une forme de liberté encore une fois impossible à trouver, recherche aidée là aussi par l’absorption de produits pas toujours licites. Evidemment, la réflexion n’est pas aussi subtile et poussée que celle d’Easy Rider mais fait de Point Limite Zero autre chose qu’une série B sans fond ce qui est plutôt agréable. Cette notion de liberté est étayée aussi par le biais d’une ambiance musicale assez groovy funky, servie par le seul personnage du film « parlant », DJ super cool en recherche d’une liberté plus spirituelle que physique puisque enfermé dans son studio et dans sa cécité mais qui, ironiquement, deviendra les yeux du héros.

On aura souvent entendu (ou lu) que la poursuite finale de Death Proof était « la plus longue de l’histoire du cinéma » mais si l’on considère que Point Limite Zero est une poursuite d’1h30 que doit-on dire ?! Effectivement pendant 1h30 la caméra tombe amoureuse de la Dodge Challenger 70, filmée sous toutes les coutures, elle devient un personnage à part entière, se voit affublée d’ « ennemis » pour des courses poursuites mémorables (la scène avec la Porsche… ) au point que si la coolitude de la chose ne vous convint pas, vous aurez vite fait d’avoir l’impression d’assister à une publicité d’1h30 pour la dite voiture.

Finalement un bon petit film, arrivant certes après un gros morceau du genre mais qui parvient quand même à s’en démarquer assez pour être vraiment intéressant (et surtout super cool !!!).
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