La Colline a des yeux 2

Une fine équipe de militaires est envoyée dans la zone 16 afin de découvrir ce qui est arrivé à une fine équipe de scientifiques ayant posé leur base dans cet endroit amical afin d’y installer un dispositif de surveillance.
Voila le pitch de La colline a des yeux 2, film du nouvel Alan Smithee de Wes Craven, j’ai nommé Martin Weisz.
Avec une histoire pareille il faut aussi avoir conscience du spectacle qui va nous être offert une fois nos petites fesses calées dans le fauteuil. Le film commence sec, punchlines à gogo toutes plus ridicules les unes que les autres servies par des ersatz de militaires mais vrai Ken et Barbie dont le manque de véracité frôle l’indécence. Mais voila, à courir dans tous les sens à la manière des Inconnus dans Biouman (« toi tu vas là bas ! heu toi là bas aussi ! et toi heu par ici !!! ») ils en deviennent franchement drôle on et on se marre allègrement. On imagine d’ici les brainstorming à 8h du matin avec un Wes Craven imbus de sa personne s’écriant : « j’ai une idée géniale, comme souvent dans les films d’horreur les noirs meurent en premier, nous on va faire mourir le bellâtre en premier ! – Oh oui c’est complètement génial Wes !… ». On ne peut pas croire que Craven ait ici cherché une quelconque critique de l’armée américaine tant elle rivalise de finesse avec l’analyse géopolitique de Rambo 3.

Imbus de sa personne, Craven l’est définitivement. Passé par toutes les phases avec plus, ou moins de brio, du génie de l’épouvante craspec à l’ironie en passant par le cynisme (où pas grand monde ne l’a suivi), l’homme a finalement pris conscience du statut de culte de certains de ses films et commence à se la raconter sérieusement. En s’auto citant en nous resservant bassement ses néanmoins excellents People Under The Stairs et autres Nightmare On ElmStreet comme un cheveu sur la soupe, en citant Peckinpah ou Stone pour des effets de styles carrément malvenus ou tout simplement en calquant son histoire sur celle d’Aliens de Cameron, Craven (pardon Weisz…hum hum…) propose une chose filmique informe et fourre-tout où l’intensité dramatique est proche du néant. Inutile de préciser que les collines du titre restent dans le titre, là où elles étaient un personnage à part entière dans le premier film ou dans le remake, la deuxième partie du film se déroule d’ailleurs complètement dans les grottes et là commence l’enfer, un peu pour les protagonistes mais surtout pour le spectateur car l’ennui profond s’installe à mesure que le ridicule involontaire (et drôle) laisse sa place à l’insignifiant.
C’est KNB qui sauve un peu la mise avec quelques effets gores assez sympathiques même si l’ensemble s’avère assez inégal. On a en effet l’impression d’en voir plus dans la première partie que dans la deuxième, un decrescendo dans le gore pas très judicieux pour un film ayant des ambitions clairement affichées.

En somme une belle bouse indigne d’une sortie salle mais qui peut faire l’affaire entre amis pas très clean.
Derf
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