Sunshine

Paradoxalement, Sunshine est un film froid. Danny Boyle nous conte son histoire spatiale en assumant frontalement les références du genre devenues très encombrantes que sont 2001, Solaris et Alien. Il y va tête baissée, premier degré et stéréotypes inclus. Et quand on a le courage de choisir ce pari risqué tout en ayant au minimum un sujet original – et qu’on n’est pas manchot avec une caméra – ça finit par payer.
Sunshine est porté à la fois par son sujet donc et par une ambiance visuelle et sonore qui tend vers la contemplation. Si bien que les passages obligés (réparations, ordinateur qui se rebelle, etc…) semblent rester au second plan tout comme les personnages. Le casting a beau être éclectique et audacieux, aucun ne parviendra à vraiment nous toucher. Et au sortir de ce voyage à la fois trop familier et fascinant, on ne retiendra que ces shoots répétés à la lumière solaire, grosse marque d’auteur de l’angliche barré mais idée sans doute la plus notable du métrage.
Le spectacle n’est donc pas déplaisant, mais Boyle faiblit dans la dernière partie (comme c’est souvent le cas chez lui, remember 28 jours plus tard), en forçant le trait sur la référence de trop, qui sort le spectateur de son coma sensoriel par un brusque retour de banal quotidien horreur-SF.
Film un peu mou du genou niveau tension dramatique et émotion ou trip contemplatif parasité par des clichés selon le degré de lecture choisi, bien que caché derrière ses prestigieux aînés, Sunshine n’en demeure pas moins une belle tentative de science-fiction. Et le genre se fait si rare qu’il serait dommage de se passer de ce petit plaisir en apesanteur.
7,5/10
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