L’exorciste

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Voilà, je m’attaque à un mythe. Mais je vais parler ici du premier montage voulu par William Friedkin, cinéaste majeur des années 1970, quoique finalement peu reconnu (ou pas assez), auteur de deux chefs-d’oeuvre du polar urbain, à savoir The French Connection et Police Federale Los Angeles.

Donc voilà, l’exorciste…. On va passer sur la question de savoir si ce film est le plus terrifiant de tous les temps, qui me parait être plus une accroche marketing qu’un véritable commentaire sur le film. De toutes façons, je pense qu’il y a des pro- et des anti-exorciste. Parce qu’il faut bien le dire, si le spectateur n’est pas pris dans l’atmosphère du film, si il ne suit pas les pistes données par le réalisateur, il peut prendre le film pour du grand gignol à la limite du ridicule.

Mais prendre le film aussi légérement, finalement, serait passer à côté d’un film à la construction implacable, à la mise en scène réfléchie.

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Donc voilà, l’exorciste……On peut limite dire que William Friedkin a tout compris au cinéma parce qu’il utilise toutes les possibilités de cet art. En effet, sa mise en scène est batie sur la dualité. Le réalisateur utilise des plans mouvants et des plans fixes mais à des moments totalement différents. Ainsi, la partie du film antérieure à l’exorcisme est construite en fonction des travellings et des zooms-in. La caméra scrute l’espace. Cet espace apparait alors en danger car il peut, à tout moment, se retrouver contaminé. Cet effet est accentué par l’utilisation du hors champ sonore, notamment lors de la séquence du grenier. Le Mal est partout et on ne sait pas quand et où il va apparaitre. Cela renvoit à la peur de l’inconnu, peur inscrite au plus profond de l’humanité. Cette mise en scène se retrouve dans la séquence en Irak et dans la séquence à Georgetown. Or, on sait que le Mal est là depuis l’Irak. Cette continuité confirme l’arrivée du Mal.

Le deuxième point de mise en scène intéressant se retrouve lors de la séquence de l’exorcisme. Le réalisateur quitte la mise en scène mouvante pour utiliser des plans fixes. Et là, on se prend tout dans la gueule ! Le Mal apparait à nos yeux et tous les sons et les fantasmes que le spectateur se fait se retrouve à l’écran. Parce qu’il faut maintenant soutenir ce qui se passe à l’écran. Il n’y a pas d’ échappatoir. Le spectateur doit se confronter aux faits, aussi horribles soient-ils. Et c’est bien cela qui est terrifiant finalement.

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Ce film est également doté de qualités plastiques indéniables, notamment en ce qui concerne le maquillage, proprement incroyable, les effets spéciaux, simples et efficaces et les jeux d’atmosphère via l’utilisation de la brume.

La musique, dont le thème principal est un classique du genre, est utilisée de manière très classique en suivant les principes du continuum musical cher à Max Steiner, un des grands théoriciens de la musique au cinéma, écrit en 1936, à l’arrivée du parlant. Ici, la musique agit comme un leitmotiv, c’est-à-dire qu’elle n’est pas présente tout le temps mais qu’elle arrive à des moments précis comme pour nous montrer que quelque chose d’inéluctable va se passer. Parce que nous pouvons rapprocher ce thème comme étant le thème du Mal. Par cette utilisation éparse, la musique permet une compréhension globale du film. Cet effet, conjugué à la mise en scène, a pour but de faire paniquer le spectateur. Bien joué !

Le montage est également intéressant. L’introduction avec le Père Merrin (séquence en Irak) et la conclusion (l’arrivée du Père Merrin dans la maison) se répondent. Le début du film est construit selon un principe demontage parallèle entre les séquences de Regan et du Père Karras. Cette construction du film, à la limite du didactisme, renforce l’inéluctable. Tous ces personnages vont devoir se croiser et ce sera lors de la dernière séquence, à savoir l’exorcisme. Tout mène vers cet exorcisme. Tout mène vers le Mal.

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Finalement, nous pouvons dire que tous les principes cinématographiques utilisés par William Friedkin participe de la subversion, subversion qui se retrouve également dans les propos. En effet, le film va à l »encontre de l’ordre établi (scène du crucifix / gode), démonte le catholiscisme (prêtre manquant de confiance en sa foi et alcoolique par dessus le marché) et refuse le happy end. Parce que même si Regan a été désanvoutée, même si le Mal est allé dans un corps mort, le plan de fin nous rappelle que le Mal est encore présent, pas physiquement mais dans l’inconscient collectif. En effet, le personnage n’assume pas de prendre l’escalier du « malheur ». Il y pense encore. En cela, le film s’inscrit dans la politique des cinéastes américains des années 1970. Il ya un refus de l’idéologie ambiante…..

Et puis, il y a Ellen Burstyn, magnifique en mère-courage, qui prend sur elle tout le poids du monde. Elle est le seul personnage adulte vraiment responsable, en dehors de la débauche de ses amis (d’ailleurs certains vont mourir), aimant sa fille plus que tout. On peut y voir une parabole sur le féminisme parce que faire un film où la mère est si puissante et où la figure paternellle, même de substitution, est absente, cela montre bien l’amour du cinéaste pour une femme qui doit s’affranchir du machisme primaire.

L’exorciste est un film qui a tout compris au cinéma, mixant fond stimulant et forme recherchée. En cela, il est un chef d’oeuvre.

Teub

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le pseudo director’s cut voulu en fait par Blatty y va

Commentaire by derf on 1 février 2007 19:19


de son happy end, du coup il démonte completement le film mais ne vous inquiétez pas, la plupart des spectateurs de la resortie en 2001 ne s’en est pas aperçu je crois ! (désolé pour le merdage du comm…)

Commentaire by derf on 1 février 2007 19:20


PS : alors que m’a mère m’avait commandé sans broncher la video de « massacre à la tronçonneuse » par correspondance alors que je n’avais que 8 ans, elle refusait que je vois le film de Friedkin, voila pour l’anecdote sans interêt….

Commentaire by derf on 1 février 2007 19:23


Pour ma part voilà typiquement le film où je me suis terriblement fais chier devant. :oops:
Je me suis même endormi devant. Je sais plus trop pourquoi il y a fort longtemps, mais voilà le fait est là, j’avais l’impression de regarder le téléfilm « ça » , ou un truc du genre :mrgreen:

Désolé.

Commentaire by feilong74 on 1 février 2007 19:55


Blasphèèèèèèèèèèmeu ! LA TRUIE EST EN TOI !!! LE POUVOIR DU CHRIST T’OBLIGE !!! LE POUVOIR DU CHRIST T’OBLIGE !!!

Commentaire by derf on 1 février 2007 20:59


J’avais aussi pris ça pour un téléfilm quand j’étais tombé dessus par hasard lors d’une dif TV. Jusqu’à ce que j’entende le thème ultra connu. J’ai ensuite pensé que c’était une suite infâme, mais non, c’était bien l’original…

Je lui redonnerai sa chance, mais ça va pas être simple de me convaincre !

Commentaire by 2501 on 2 février 2007 0:52

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