Apocalypto

Après la très (et beaucoup, beaucoup trop) controversée Passion Du Christ, Mel Gibson revient avec un nouveau film coup de poing, l’ histoire d’un homme aux prises avec ses pairs dans une civilisation sur le point de mourir…La Passion Du Christ, film d’une beauté plastique incroyable, a été fustigé de manière assez violente par une intelligentsia souvent influencée par des lobby douteux. Or ce long métrage ne comportait aucune ambiguïté par rapport à la dernière réalisation de Gibson, mais nous y reviendront par la suite. Celui qu’on appelle « L’arme fatale » continue donc son exploration de la nature humaine, de sa stupidité, de sa violence. Comme dans Braveheart et La Passion, Gibson conte le récit d’un homme porté par des convictions puissantes aux prises avec les puissants de son époque. Comme à son habitude, le réalisateur soigne sa mise en scène et n’a pas son pareil pour filmer des scènes de violence brutales et sans concession. Avec un étalonnage numérique moins prononcé que sur La Passion, il parvient toujours à rendre un côté esthétique incroyable à ses images, renforcé par un choix de gueules toujours aussi caractéristique et une imagerie bien particulière.

Souvent accusé de complaisance dans sa manière de filmer la violence, c’est en fait tout le contraire puisque Gibson cherche (et ce au moins depuis Braveheart) à dénoncer la bêtise humaine, cette tendance à user et abuser de violence
sadique et gratuite, envers des marginaux se rebellant contre l’ordre établi. En le faisant à travers des époques différentes, il montre de plus la persistance de ces réflexes à travers les âges (à quand un film sur un rescapé de Guantanamo ?! ). Il est évidemment plus simple de se donner bonne conscience en parlant de complaisance ou d’antisémitisme mais la violence montrée par Gibson est malheureusement beaucoup plus universelle.

Si certains historiens nous avaient rabattu les oreilles à la sortie de La Passion avec des détails historiques pointilleux (d’accord en l’an 0 les tables et les chaises n’existaient pas mais était-ce bien le plus important ?), on approche ici d’une théorie plus dangereuse portée par le film et carrément explicitée à travers une citation de Will Durant en ouverture : « Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle s’est détruite de l’intérieur ». Si l’on voit par là une propension de l’Homme à se détruire lui-même alors le fond et la forme s’accordent à merveille, mais si cela apparaît comme une tentative de justification de l’anéantissement des Indiens d’Amérique ou encore de l’intervention américaine en Irak, alors l’ensemble est plus critiquable.
Néanmoins Mel Gibson reste un esthète et signe un film bluffant visuellement, prenant aux tripes et surtout qui reste dans une totale continuité par rapport à ses précédents films, et en ce sens il rempli son contrat.
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