Superman Returns (chez toi)

Après l’excellent Usual Suspects et les 2 bons X-Men, Bryan Singer fût choisi pour réaliser l’arlésienne du super héros. Après la déception Ratner qui fusille la franchise des mutants, on avait de quoi être confiant sur ce nouvel opus de l’homme d’acier. Raté.
Superman Returns est certes un film beaucoup trop long, mais si seulement c’était son seul défaut…
Bryan singer a fait fausse route. Les états d’âme de Superman le spectateur s’en fout un peu… 5 minutes à la limite mais sur plus de 2h…
Construire le film là-dessus est une énorme erreur.
Le peu de scènes d’action est desservi par du tout numérique tout moche. Le kitsch du film de Donner jouait à fond pour la naïveté et la simplicité de ce super-héros sauveur. Un 1er degré couillon, limite ringard qui servait parfaitement l’homme en collants.
Là, tout le monde se prend vraiment trop au sérieux, mais le drame intimiste ne passe pas. Les traits de l’histoire sont trop gros pour essayer de faire dans la finesse.
Bref, ça donne une grosse mélasse bien fade et bien ennuyeuse.

Et le casting est à l’avenant, triste… Entre un Brandon truc qui est 10 ans trop jeune (Superman qui a l’air de sortir de l’adolescence, y’a un problème… sans compter qu’il a certes le côté Ken nécessaire mais pas le jeu de Reeves) et une Kate bidule complètement transparente… Heureusement qu’il y a Spacey pour nous réveiller un peu (mais il cabotine pas encore assez pour rendre son personnage vraiment bon).
Le film enchaîne les scènes creuses où Superman se questionne gravement sur son rôle et sur sa place dans l’univers, les scènes de romance compliquée par un troisième larron (heureusement que le mari de Loïs Lane n’est pas le lâche attendu) et les passages obligés de tout blockbuster de super-héros (à croire qu’il n’y a qu’une formule).
Une scène surprend un peu, celle du gros bras joueur de piano, mais dans la seconde qui suit on est mort de rire devant l’idée lumineuse qu’a la brave Loïs pour appeler à l’aide…
On sauve des gens, on kidnappe la copine, on sauve la copine. Originalité (?) : pas de super vilain à combattre, d’où peut-être la grosse carence en scènes d’action. Mais de toute façon, ce tout psychologisant au détriment des scènes de divertissement pur a toujours été le point fort et faible à la fois du réalisateur.
On peut pas dire qu’on les voit à l’écran les 260 millions de dollars…

Entre l’esthétique générale très sombre (plantage complet, Superman n’est pas un héros torturé), la direction artistique douteuse (bravo pour les décors…) et les hommages au gentil film naïf (mais réussi) de Donner, il y a une sacrée marge et Superman Returns ne profite de son héritage que pour ce qu’il pique directement à son aîné : générique, Marlon Brando et musique de John Williams. Mais dès que cette dernière intervient, elle bouffe littéralement le film.
Bref, tout juste valable pour passer 2h30 au frais, c’est bien peu pour un projet qui a mis des années à voir le jour.
4/10
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