Superman Returns

Est-il possible de réaliser un film mieux que passable en prenant comme base un héros aussi parfait qu’ennuyeux et dont la seule faiblesse serait de ne pas savoir dans quel ordre enfiler ses vêtement (oui bon d’accord, et la kryptonite aussi eventuellement…)? Bryan Singer serait tenté de répondre oui mais qu’en est-il vraiment ?
Au commencement était Superman de Richard Donner (1978), premier vrai film de super héros sympathique de part ses effets spéciaux bluffant pour l’époque, sa fraîche naïveté et son côté œdipien mais qui souffrait quoi qu’on en dise de la perfection de son héros, entre autres… Suivirent trois suites assez mauvaises* qui perdront vite cette petite flamme, ce petit plus que le premier film avait malgré tous ses défauts (mention spéciale à Superman 4 produit par la Cannon, tout est dit…).

Après Superman 2 (Singer a considéré les épisodes 3 et 4 comme n’ayant jamais existé !), des scientifiques découvrent la planète Krypton. Superman décide alors de s’y rendre afin de vérifier par lui même la présence de sa planète d’origine. Cinq ans après il revient sur Terre… Oubliez les super méchants apparus dans Superman 2 et ses suites, l’esprit est ici clairement celui du Superman original. En ce sens, Superman Returns ressemble plus à une relecture (voir un remake…) de Superman qu’à autre chose. On tombe sur les même moments clés : et que je te sauve un avion, et que je chante « ce rêve bleu » en volant au dessus de la ville avec Lois…etc…etc. Kevin Spacey fait du Gene Hackman soft, entendez par là qu’il est un peu moins insupportable car un peu plus méchant. D’un point de vue scénaristique, la vraie nouveauté est la complexité (toute relative évidement) que prend la relation Lois Lane – Superman (triangle amoureux…et plus encore) et qui permettra de faire une suite sans se poser trop de questions…

Ne dérogeant pas à la règle, c’est donc du côté des effets spéciaux et d’une mise en scène spectaculaire qu’il faudra chercher pour trouver son compte. Les différents gags visuels montrant les super pouvoirs de superman sont soutenus par des effets spéciaux convaincants et apportent l’essence même de l’Homme d’Acier, ce mélange indéfinissable de sérieux et de légèreté.
Superman et Superman Returns sont donc deux films très semblables, divertissants mais sans plus. Ne jetons pas pour autant la pierre à Singer, il est définitivement impossible de faire un chef d’oeuvre avec un héros de cette trempe, le risque était d’en faire un navet intergalactique (voir encore Superman 3 et Superman 4 !), il en a fait un bon divertissement et c’est tant mieux.
Derf
* : le montage de Donner de Superman 2 vient de sortir en DVD, l’occasion d’une bonne surprise ?
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