Silent Hill

Silent Hill, ou Radha Mitchell au pays des faux-semblants, du rêve, de la trouille et de la crasse, enfin c’est ce que le film aurait dû être aux vues du jeu vidéo. Mais sarcasmes mis à part, ne nous acharnons pas non plus sur Gans qui finalement essaie de faire de son mieux, mais comme à son habitude son mieux aurait dû être un peu meilleur, surtout lorsqu’on connaît le bonhomme en interview, cinéphile passionné s’il en est.
Silent Hill est un jeu vidéo considéré comme un monument du survival horror à l’origine sorti sur PlayStation en 1999. Contrairement à son homologue de chez Capcom (Resident Evil) qui misait plus sur la peur « sursaut », il avait su habilement distiller une angoisse de tous les instants, comme une sorte de peur d’avoir peur, en exploitant les faiblesses de la machine de l’époque (qui a oublié ce brouillard omniprésent ?)

Il est évident à la vision du film que le réalisateur est un fanatique du jeu vidéo, néanmoins il s’est aussi revendiqué du cinéma de Hong Kong lorsqu’il a fait le Pacte des Loups et on a constaté les dégâts. Et bien c’est le même principe ici. Christophe Gans filme ses scènes comme un petit garçon de 10 ans jouerait avec ses G.I. Joe, c’est passionné, fondamentalement sincère, mais ça ne passe pas. Il faut avouer que ce ridicule né de cette sincérité est bien moins présent dans Silent Hill que dans Le Pacte Des Loups, mais ici c’est le manque d’audace qui énerve le plus. Le jeu vidéo plongeait le joueur dès le début dans une obscurité quasi-totale, proposait des environnements vraiment poisseux et des monstres dérangeants à souhait. Le film de Gans, avec sa photo sur-étalonnée numériquement (c’est le défaut de pas mal de films aujourd’hui…), ses monstres au charisme inégal ou sous-exploité (les « enfants » du débuts pourraient sortir d’un mauvais Harry Potter ou l’homme à tête pyramidale assez intriguant mais que l’on ne voit que deux minutes) et surtout ses héroïnes et leurs lampes de poche inutiles puisque l’obscurité est bien timide. Quant au gore, ne le cherchez pas trop ici. Seule la musique est irréprochable et ceci n’est pas étonnant puisque Gans a repris la partition du jeu.

Certes on est très loin des nanards de Paul Anderson tel que Resident Evil et Silent Hill reste bien plus agréable à regarder que Le Pacte Des Loups mais comme à son habitude, Gans manque un peu de personnalité dans sa façon de faire les choses, et même si le cœur y est, on est loin de nos attentes.
Derf
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