FOUNTAIN ( by Feilong)

Darren Aronofsky nous avait déjà habitué avec Requiem for a Dream, au film qui nous amène vers un point culminant. Après nous avoir emmené aux abysses des « bad trip », il nous amène cette fois vers une fresque de l’esprit, de la science, de ses savants fous (encore Pi), du temps, des croyances et de la mort.
Ce point aussi présent soit-il, n’est que l’aboutissement d’un film à la narration quasi parfaite. Pourtant très risqué au départ, sur cette histoire qui traverse le temps, ce film est avant tout un concept. Il n’y aura pas de place pour le spectateur qui sera laissé en chemin. Ici on n’a pas d’introduction, ni de séquence qui nous prend par la main, on est directement absorbé dans le concept, dans un cône intemporel de l’esprit où tout ce mélange au début, pour finir par un bout en chocolat, un petit bijou du septième art. On se rapproche ici des chefs d’œuvre de Kubrick ou d’un Oshii.
Aronofsky a aussi la chance d’avoir été servi par des acteurs de choix. Ellen Burstyn incarnera ici la rationalité, loin de son interprétation de Requiem. Hugh Jackman tient ici son meilleur rôle, un savant fou parfait, son histoire d’amour avec la sublime Rachel Weisz est également indispensable pour l’adhésion au concept. Car qui ne croira pas en leur histoire d’amour, ne comprendra pas l’attitude du savant qui ne pourra se résigner face à la fatalité du corps et l’esprit. Cette vérité est d’autant plus vraie qu’Aronofsky préfèrera pousser ses réflexions au maximum plutôt que de faire en sorte que le public adhère à son point de départ.
Car oui, The fountain a malgré tous quelques défauts. Le film souffre notamment d’une bonne demi heure supplémentaire qui permettrait de pouvoir s’accrocher un peu plus aux personnages. Par ailleurs, Clint Mansell et Kronos Quartet, les compositeurs de la bande original de requiem ont été reconduit pour ce film, ou plutôt fort mal conduit par Aronofsky, on a l’impression d’un doublage de vieux film muet, comme si on les avait mis en face des images pour un improvisation « systématique ». On est donc loin ici de la réussite de Requiem. Enfin, Aronofsky n’arrive pas à éviter un fort coté mégalo sur la fin, on a un peu l’impression qu’il jubile et qu’il nous dit : « vous avez vu jusqu’où je vous ai emmené ? », du coup, on dirait qu’il a eu du mal à s’arrêter.
Mais tout cela est pardonné, tant cet ovni cinématographique est une pure merveille et une œuvre majeur. Qu’il fait bon de voir des films aussi riches. Pour un 27 Décembre, Aronofsky décroche ici le podium de 2006.
9.5/10 Publié par feilong le 28 décembre 2006

Pas de commentaire
Laisser un commentaire


IMDb's page for this movie