Eragon

Voilà le plus gros navet de l’année. Il se sera fait attendre. Et il est assez étonnant que ce soit le désormais traditionnel film de fantasy de Noël qui s’acquitte du titre. De fort belle manière d’ailleurs. Un peu plus vulgairement, on pourrait même appeler ça une purge, car le second degré ne saurait sauver le film (et le spectateur) en le transformant en nanar…

Il fallait s’y attendre, le succès du Seigneur des anneaux allait forcément entraîner des ersatz plus ou moins affligeants. On n’en mesure que davantage l’exploit de Peter Jackson, et la valeur de sa trilogie.

On assiste à un « spectacle » qu’on croirait taillé pour les longues soirées fantasy cheap de la 6ème chaîne. Mais non, Eragon est bien un blockbuster à 100 millions de dollars, première partie d’une trilogie à venir. Pourtant des indices avait été semé ici ou là : les affiches peu convaincantes, sans parler des teasers (bien meilleurs que le résultat cependant !), Jérémy Irons (rappelez-vous Donjons et Dragons, cet acteur est maudit ! Où est-ce lui la malédiction ?).

Enumérer tous les défauts prendrait plus de temps que le visionnage du film, on va donc se contenter de l’essentiel.

Le film est un croisement entre Cœur de Dragon, Le Seigneur des anneaux, Star Wars et Donjons et Dragons. Rien que ça. Et on peut presque parler de plagiat devant cette histoire d’un jeune fermier élu… parce qu’il a trouvé un œuf. De dragon, bien sûr. Quoique avec une poule ça aurait été plus raccord avec le ridicule achevé des costumes, des décors, des SFX, de la direction artistique en général en fait, indigne d’une telle production.

Les producteurs de Scary Movie 5 doivent se frotter les mains devant le travail prémâché. On a même droit à une parodie du gouffre de Helm dans un studio en carton avec 10 figurants.

Dès le début, le visa d’exploitation aussi gros que le titre (et dans la même typo !), laisse déjà deviner l’espèce de gros produit opportuniste qu’on va subir.

Le jeune héros dragonnier est interprété par un acteur à la fois fade et tête-à-claques, qui n’aurait même pas sa place dans une série pour ados, on se demande bien ce qui est passé par la tête des producteurs… Quelques noms viennent cachetonner, faisant leur la devise « le ridicule ne tue pas ». On leur déconseille de voir le film car la honte pourrait. Il faut voir le maquillage de Robert Carlyle pour le croire. Le pauvre a droit à des dialogues d’une banalité consternante quand il ne s’exprime pas à l’aide de formules magiques déclenchant gêne ou hilarité. On a l’impression que Malkovich ne fait que passer, mais son nom suffit à comprendre où on a mis les pieds : Galbatorix, rien que ça.

Le plus énervant devant un tel spectacle n’est même pas l’incompétence du soi-disant réalisateur Stefen Fangmeier (ancien technicien d’effets spéciaux dont c’est le premier film, qu’il arrête tout de suite le massacre), car tout est moche, de la photo grise à la banalité téléfilmesque des cadres, et mal raconté (quelle maîtrise des ellipses…). Non, ce qui énerve au plus haut point c’est le pillage effectué sans aucun scrupule, du plan coucher de soleil de Star Wars purement et simplement décalqué, aux travellings aériens à la Peter Jackson… Même la musique a des airs de Seigneurs des anneaux du pauvre. Pas l’ombre d’un talent à l’horizon. Même Weta Digital semble avoir bâclé exprès les effets spéciaux dont ils avaient la charge pour couler ce pourtant déjà pitoyable concurrent.

Ce film est un ratage à tous les niveaux, ne bénéficiant même pas de la chance du débutant pour réussir par erreur ne serait-ce qu’une séquence. Cela en serait presque admirable d’homogénéité dans la médiocrité si ce n’était si ennuyeux… Les 90 minutes hors générique paraissent durer au moins le double, tout en ayant l’impression qu’il ne se passe rien.

Désagréable par le pillage effectué sans vergogne pour un résultat sans aucun souffle ni personnalité, Eragon s’impose comme le record à battre en matière de nullité dans le genre heroic fantasy. Espérons qu’il marquera par son échec au box-office la fin prématurée d’une trilogie qui n’a pas lieu d’être, et de ce genre de projet suiveur insultant pour les spectateurs.

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Mais tu vois vraiment tout ! :mrgreen:

Et julie qui voulait m’y trainer, je sens que je vais virer vers une autre salle moi !

Premier 0/10 sur Cinéchange, ça se fête ! :lol:

Commentaire by feilong74 on 20 décembre 2006 20:57


Conseil d’ami. A éviter (même pour Julie, rattrapage en location à la limite).

Sur le « je vois vraiment tout » et ben… y’a rien en ce moment !!:cry:
Non, en fait, j’y suis allé en pensant que ce serait marrant (façon gros nanar quoi), d’après ce qu’on m’avait dit. La preuve j’ai même pas vu Narnia dans le même genre qui ne me paraissait ni bon ni drôle.
Bon, résultat, Eragon est drôle parfois, chiant toujours.:evil:

Commentaire by 2501 on 20 décembre 2006 21:07


Direct location alors :neutral:

Commentaire by feilong74 on 21 décembre 2006 19:41

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