Shortbus

Voilà donc le film qui a sans doute fait le plus sensation au dernier festival de Cannes. Et on comprend vite pourquoi. Shortbus, par le réalisateur John Cameron Mitchell, déjà auteur du très remarqué Hedwig and the Angry Inch, raconte les tranches de vie de plusieurs new-yorkais sous l’angle de la sexualité.

Le cinéaste concentre adroitement les scènes les plus osées au début du film pour qu’ensuite plus rien ne gêne le spectateur pour suivre correctement l’histoire. Comme pour Irréversible, l’effet pourra être inverse, et faire fuir les spectateurs les plus chastes dès les 10 premières minutes. Ils manqueront alors une bien belle aventure, celle de personnages avant tout sentimentalement perdus, qui se retrouvent au Shortbus, boîte underground néo-hippie et hédoniste.

L’intelligence de ces premières scènes est de nous dresser le portait des personnages à travers des scènes de sexe crues mais étant chacune lourde de sens. Un peu comme l’érotisme de Crash servait l’histoire plutôt que de n’être qu’un simple enrobage masturbatoire. Le réalisateur est assez malin pour brouiller les pistes en nous montrant ces instants comme des moments de plaisir alors qu’ils révèlent au contraire les failles des protagonistes.

De plus, à travers la musique qui les relie tous en un habile montage parallèle, il évite un étalage direct et cru et apporte une joie à l’ensemble de ce melting-pot sexuel. Une entame de film comme on n’en voit que trop rarement !

Le sexe est frontalement et simplement montré, si simplement que l’on se demande pourquoi l’on ne voit pas ça plus souvent.

Entre Eros et Thanatos, le premier a toujours eu un large retard sur l’autre dans la représentation cinématographique. Le sexe semblant être plus tabou que la violence, on compte les tentatives dès qu’elles pointent le bout de leur nez. Mais combien de glauqueries façon Breillat pour un Empire des sens ?Shortbus prend donc une place étrangement vacante, traitant pourtant un sujet essentiel, littéralement.

Le côté « chroniques new-yorkaises » empêche le film d’aller réellement en profondeur sur les histoires en elles-mêmes. Le personnage plus qu’intéressant de Severin est par exemple totalement survolé (on a l’impression que son histoire a été sacrifiée sur l’autel du plaisir final). A l’image de cette caméra qui virevolte entre des buildings de carton, on butine entre les personnages mais jamais le film n’est vraiment bouleversant, sauf dans le feu d’artifice final d’un bel enthousiasme teinté de mélancolie.

On ressent alors un léger sentiment de frustration sur la fin, mêlé à l’euphorie générale, mais c’est peut-être aussi le but du film, que de nous inviter à sortir au plus vite de la salle pour profiter joyeusement et sereinement de la vie, et surtout d’autrui.

8/10

2501

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C’est lu et ça donne envi ! Du sexe intelligent, c’est pas tous les jours sur nos écrans. Pour ma part je vais devoir me  » la mettre derrière l’oreille et d’attendre la sortie DVD, programmation oblige….:sad:

Sinon, ce nouveau éditeur ?

Commentaire by feilong74 on 25 novembre 2006 15:54


Alors, ce « nouvel » éditeur… :mrgreen:

C’est plus pratique, mais y’a toujours le problème de la mise en page qui se déglingue quand on poste…

Commentaire by 2501 on 25 novembre 2006 15:56


En parlant de sexe, qui a trouvé la propriétaire de la paire de loche sur EL ?

http://www.ecranlarge.com/capture.php

:mrgreen:

Commentaire by feilong74 on 27 novembre 2006 17:47


Moi !!!:mrgreen::lol:

Commentaire by 2501 on 27 novembre 2006 18:28


Fait tourner un téton alors :lol:

Commentaire by feilong74 on 27 novembre 2006 19:13


Enfin… ça va être dur. Elle est morte (non, je n’ai pas detterré le corps, mais c’est un indice…).

:mrgreen:

Commentaire by 2501 on 28 novembre 2006 0:17


Trop tard je me suis jeté sur le téton, et je l’ai eu dans l’oeil ! :lol: :cry:

Commentaire by feilong74 on 28 novembre 2006 0:43


:lol:

Par curiosité t’as répondu quoi ?

Commentaire by 2501 on 28 novembre 2006 0:46


Le Dernier tango à Paris…:evil:

Commentaire by feilong74 on 28 novembre 2006 1:22


Ah… pas loin. C’était un vieux film en effet… Le Lauréat.

Commentaire by 2501 on 28 novembre 2006 2:00


Merci M. 2501 de m’avoir fait gagner 4 EL, et prenez en de la graine monsieur Feilong, certaines personnes daignent aider les copains

Commentaire by derf on 28 novembre 2006 11:48


Merci à moi aussi d’avoir déclenché la soudaine générosité de M. 2501… :lol:

Commentaire by feilong74 on 28 novembre 2006 14:53


Te remercier :question::!::lol:

Pas ma faute si t’es un bourrin impatient !:mrgreen:

Suffit de demander… (bon ok en général je préfère commencer par donner des indices sinon c pas drôle.:twisted: mais je finis toujours par donner la réponse).

Commentaire by 2501 on 28 novembre 2006 14:56


Désolé mais moi je résiste pas………..aux tétons :oops:

Commentaire by feilong74 on 28 novembre 2006 19:03


Quoi de plus naturel que de regarder ce film un lundi après midi.

Quoi de plus compliquer que l’amour si ce n’est le sexe lui même ? Tant nous pousse à penser ce film. J’ai rarement vu un film sur le sujet, avec tant de scènes crues et qui laisse de marbre, il nous renvoi à une image pudique de notre sexualité. Le regard de l’autre dans sa propre sexualité est également le thème majeur du film avec le personnage centrale, Sofia. Il frole tout du long l’ennuyeux tout en étant captivant, c’est assez rare…A voir.
feilong&ninou

Commentaire by feilong74 on 12 mars 2007 18:43


Ennuyeux ? :dizzy:

Faut arrêter les blockbusters les enfants…

Commentaire by 2501 on 12 mars 2007 18:46


Il faut avouer que le sexe filmé de cette façon est ennuyeux malgré tout. Les histoires de chaques personnages sont très simples : une femme qui arrive pas à l’orgasme, un couple d’homo qui s’aime mais l’un ( le féminin ) ne veut pas se faire pénétrer, une jeune fille maitresse SM qui rêve de sérénité, tout cela est très classique, longay, trop gay et ennuyeux…..Le réalisateur a du subir une ablation pour rendre le sexe aussi soporifique. J’espère qu’à 44 ans, il aura trouvé chaussure à son pied.

Ce qui n’empêche qu’on a trouvé le film très intéressant d’un point de vu sexolopsycholo, d’où le …. »tout en étant captivant » que j’ai écris aussi :getlost:

Commentaire by feilong74 on 13 mars 2007 8:24


l’homosexualité avec un protagoniste jouant à l’ « homme » et l’autre à la « femme » est un vrai fait sociologique ou juste une remarque qui sent la pisse ?

Commentaire by derf on 13 mars 2007 10:44


Je dis pas que c’est super original dans ce que ça montre (j’ai été frustré par le peu de développement de certaines histoires), mais au moins dans la manière frontale et « naturelle » de le montrer. Il y a aussi un enthousiasme qui n’est pas fréquent et le film n’est pas très long (la fin arrivée j’avais l’impression d’avoir vu un court-métrage, d’où mon étonnement sur le « ennuyeux »… Mais l’expérience salle et l’expérience « ordinateur », ça doit jouer…).

Et puis le « pudique », faudra m’expliquer. lol

Commentaire by 2501 on 13 mars 2007 12:09


Pour le pudique il faudra voir avec Julie :tongue:

Commentaire by feilong74 on 13 mars 2007 14:05


Faut p’t être aussi aller voir le dictionnaire avant tout. :tongue:

Commentaire by 2501 on 13 mars 2007 14:27


ma question était une vraie question…en ce sens vous avez, en tant qu’érudits, obligation de me répondre et surtout vous n’avez en aucun cas le droit de me snobber…
alors à vos marques….prêt….REPONDEZ !!!!

Commentaire by derf on 13 mars 2007 14:41


Et au fait, « ennuyeux et captivant » c’est ce qu’on appelle un oxymore. (allez hop, dico! :lol:)

Commentaire by 2501 on 13 mars 2007 14:46


Derf : un vrai fait sociologique ! (eh non je ne ferai pas dans l’uro….:ninja:)

Commentaire by feilong74 on 14 mars 2007 8:38


Un making-of exclusif de « Shortbus » est disponible ici :

http://ukpress.waytoblue.com/distribution/shorbus_makingof_fr_850k.mov

Le film, réalisé par John Cameron Mitchell, est sorti en DVD le 22 mai dernier.

Commentaire by feilong74 on 6 juin 2007 12:09

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