Tideland

Tideland était très attendu car annoncé comme la renaissance de Terry Giliam après les déconvenues survenues sur Les Frères Grimm…
Mais ce grand écart a joué contre le nouveau film de l’ex Monty Python puisque à travers l’histoire de cette jeune Alice au pays des junkies, le cinéaste, après avoir été méchamment bridé sur son conte des contes, verse dans l’excès inverse et livre malheureusement un tout aussi mauvais film…
Interprétation et mise en scène boursouflées pour scénario anémique…
L’histoire aurait pu donner lieu à tous les fantasmes imaginaires de l’enfance soudainement heurtés à la réalité ou interprétation de celle-ci. C’est en partie le cas avec la jeune héroïne et ses têtes de poupées, amies imaginaires qui lui permettent de parler non stop tout le long du film. Mais le système tourne vite à vide car ne fonctionnant que pour lui-même et non par rapport à une histoire, un enchaînement d’évènements. De plus, ce petit manège force Jodelle Ferland a faire son numéro, exercice difficile dont elle ne se sort pas sur la durée. Sorte d’autiste joyeuse, omniprésente sur 2 heures de film, l’actrice cabotine et agace, à l’image de ce prénom tiré par les cheveux : Jelaaiïïza-Rooose.
Sa rencontre avec un débile profond tirera encore plus le film vers le bas, dans une relation jamais touchante car sabotée par de la fausse provoc sur le mode pédophile, idée totalement inutile qui plante le film dans sa dernière partie. On voit trop ce que Gilliam essaie de nous dire : l’innocence de l’enfance viendra à bout de tout et blablabla. Refrain connu. Mais très mal illustré.

Car la grosse artillerie Gilliam a beau répondre présente à chaque plan (grands angles, obliques, effets spéciaux pour triturer le temps et l’espace), elle n’arrive pas à sauver un film qui ne fonctionne jamais autrement que par séquence, car ne se fixant jamais aucun but.
Certains films peuvent fonctionner sur la surprise, l’inattendu, l’insolite. Mais de par son postulat de conte adoptant le point de vue d’un enfant, Tideland ne peut pas se permettre une structure floue, répétitive et finalement vaine, non maîtrisée, et conduisant inéluctablement à un ratage total. Cette imagination avait besoin d’être canalisée par la narration (ici quasi-inexistante) pour pouvoir s’envoler, gagner un souffle et une énergie que parfois, par bouts de séquences… on entrevoit…
Tideland, film de sale gosse ayant retrouvé ses jouets après la classe, fait encore plus de peine que Les Frères Grimm. Car l’on se dit que si livré à lui-même le grand Terry n’est plus capable que de ça, ce sera une grande perte pour un cinéma de l’imaginaire roi, de plus en plus privé de ses grands représentants…
3/10
mis en ligne par 2501 le 30/10/06

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